Une idée originale, des textes bouleversants, des autoportraits artistiques. Grâce aux sites de rencontres sur Internet, Philippe Castetbon a recueilli les témoignages et les photos d’hommes gay vivant dans 51 pays (de A comme Afghanistan à Z comme Zimbabwe) où l’homosexualité est interdite par la loi. Condamnés à l’exclusion, aux violences, à la fuite, quand ce n’est pas à la mort, ils racontent la peur, le mensonge et l’humiliation. Dans ces pays où leur sexualité est crime, chacun a réalisé un autoportrait le visage caché pour ne pas être reconnu ni puni. Un livre sur la liberté d’être et d’aimer.
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Un cinquantaine de garçons ont accepté de témoigner pour ce projet ambitieux qui se décline par un livre édité par H&0, l’éditeur "militant" du sud de la France, et d’autres par une exposition organisée par la Mairie du 3ème arrondissement à Paris, à partir du 28 janvier.
Dans le livre, les photos où les garçons cachent leurs visages, leurs yeux pour certains, mais toujours la volonté paradoxalement, de se mettre en avant pour séduire, par une mise en scène habile. Elles sont accompagnées de l’identité tronquée du participant, et de l’article criminalisant l’homosexualité dans la législation du pays dont l’intéressé est ressortissant. En regard de ces pages, les témoignages de chacun, souvent bouleversant, pour nous occidentaux habitués à la visibilité « gay ».
Ce projet qui accompagne le combat des associations qui luttent pour la reconnaissance des étrangers dans les pays européens et pour la dépénalisation de l’homosexualité dans ces pays beaucoup trop nombreux, dénonce les législations homophobes mais rend aussi hommage à internet, qui est une fenêtre ouverte sur les autres. Il est essentiel et souhaitons qu’il rencontrera la faveur du public.
"Pour réaliser ce projet je me suis concentré sur les sites Internet de rencontres gay. En contactant des gays connectés en même temps que moi sur différents sites, j'ai souhaité collecter dans chaque pays concerné la photo d'un homosexuel, qui cache son visage, ainsi qu'un texte personnel où chacun parle de sa vie et des difficultés à vivre librement sa sexualité. Chaque séquence est accompagnée de la phrase "Dans mon pays, ma sexualité est un crime" écrite dans la langue natale de l'intéressé ainsi que d'un rappel de la loi en vigueur dans le pays." explique Philippe Castetbon.
"A partir d'un travail de photographies et de textes, mon objectif est d'informer sur la réalité dans ces pays qui condamnent encore l'homosexualité et de montrer, avec toutes les photos de ces visages cachés, l'impossibilité de s'exposer à découvert. D'une façon plus large, le projet dans sa globalité concerne les Droits de l'Homme, l'égalité, les discriminations, la liberté d'être et d'aimer des femmes et des hommes dans le monde." continue t-il
Il témoigne également de l'intêret que ces hommes trouvent sur internet, havre de liberté :
« Internet a changé heureusement leur existence. Pour eux, qui vivent opprimés et chassés, Internet est surtout une fenêtre pour s’évader un peu, un espace de liberté pour trouver du réconfort, discuter avec les autres, rompre la solitude et peut-être faire des rencontres… »