Il explique que des études scientifiques suggèrent que les homosexuels auraient été exposés durant leur vie embryonnaire à des concentrations atypiques d’hormones, trop d’androgènes pour la femme et inversement pour l’homme, durant une phase précise du développement de l’embryon et que d’ailleurs, en laboratoire on peut rajouter, lors d’une phase précise du développement, de la testostérone dans les embryons femelles ou bloquer l’action de la testostérone dans les embryons mâles et qu’à l’âge adulte on retrouvera des caractéristiques comportementales du sexe opposé bien que les structures morphologiques et génitales de l’animal n’aient pas été modifiées.
Il n’explique en revanche pas l’origine de ces concentrations atypiques d’hormones chez certains embryons, génétique ou « stress très important subi par la mère » .
Son intention en publiant ce livre est « de rééquilibrer la balance. En dépassant le conflit stupide inné/acquis ou nature/environnement. Car tout est interaction entre les deux. Sur une base scientifique, je voulais aussi démonter les croyances selon lesquelles l’homosexualité serait une maladie, une perversion, une déviance ».
Attention alors à ne pas s'emballer dans une satisfaction d’avoir enfin la science à nos côtés pour lutter contre « l’obscurantisme des instances religieuses » qui « stigmatisent » les homosexuels. (discours traditionnel que nous citons comme cliché).
Pourquoi cela peut-il représenter un danger ? Parce que ce qui est génétique est "modifiable". En tout cas, dans l'esprit des "homophobes", qui cherchent soit à nous "guérir", soit à nous supprimer une partie du cerveau, soit à nous faire passer pour des malades. Nous venons de sortir de la psychiatrisation (+/-) des transsexuels, est-ce pour laisser une porte ouverte à la médicalisation mentale des homosexuels ?
Le 12 juin 1981, le ministère de la Santé n'accepte plus de prendre en compte l'homosexualité dans la liste des maladies mentales de l'OMS (Organisation mondiale de la santé)
L'homosexualité a été retirée des maladies mentales par l'OMS en 1990. La psychanalyse a depuis longtemps expliqué le processus mental, psychique, environnemental de la construction des sexualités dans leur ensemble.
Imaginez un instant que quelqu'un lance une recherche pour fabriquer des générations sans homos !
Même si cela peut soulager un instant une souffrance, celle de nos parents qui nous ont parfois demandé "mais qu'est ce que j'ai fait ?", ou une douleur personnelle, voire même celle d'une société. Cette étude n'est-elle pas le signe de vouloir "expliquer" l'intime en permanence, à chercher une explication à ce qu'elle trouve anormale, qu'elle cherche quelque part à enrayer ? Sans demander aux gens s'ils sont heureux et ce qu'ils en pensent.
"Je suis né comme ça...". Comment se souvenir de sa naissance ?
Pour autant, ne restons pas fermé au discours scientifique, mais restons vigilants sur l'utilisation qui en est faite, et n'oublions pas les décennies de psychanalyse, d'histoire et d'études précédentes...
Même si deux enfants ont la même éducation, ce sont deux personnes différentes, dans des étapes différentes de la vie d'une famille, avec des environnements différents. Ce n'est jamais la même chose. Même pour des jumeaux. Il y a beaucoup de cas de jumeaux dont un seul est gay. Si la science est pour nous, je pense in fine qu'elle est contre l'acceptation des homos.
Quand un parent a un enfant homo, il n'y a pas de faute nulle part (pas plus que pour un hétéro), rien à régler. Le problème, c'est d'établir une différence, une hiérarchie scientifique entre les sexualités. Je pense que c'est l'inverse de la lutte contre l'homophobie. D'accepter. Là on cherche à expliquer, non pas pour expliquer, mais pour différencier. Avec cette étude, nous redevenons des potentiels "malades".
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